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Recruteur et sa chimère - 2018

Développeur junior, 3 ans d’expérience pour 24 K, le cas J. Martin.

Je vais vous parler de J. Martin, développeur junior de Marseille, disponible actuellement et en recherche active d’un nouveau challenge.

Après avoir travailler pendant des années dans le secteur de la vente, J a décidé de changer de vie  et entreprendre une reconversion professionnelle. Il suit alors une formation et obtient un
diplôme de niveau BAC+2. A la suite d’ un stage largement réussis et une première expérience plutôt décevante, il est à la recherche d’une entreprise qui lui permettra de travailler tout en apprenant son nouveau métier.

J passe de multiples entretiens avec des SSII ou des clients finaux, et ne compte plus les heures passées au téléphone. Il répète inlassablement les mêmes choses mais n’a toujours pas trouvé de poste. En revanche, J. Martin connais parfaitement le profil type du candidat idéal pour les recruteurs

Un développeur junior

Evidemment le candidat idéal est jeune et branché. Fini l’image du geek à lunettes presque associable et fermé comme une moule (même si cette espèce existe encore). Pour l’appâter, c’est le terme, lui sont promis des friandises à gogo, du café à volonté et surtout : le baby-foot . A croire que les technologies utilisés, le fonctionnel et la culture de l’entreprise ne comptent quasiment pas. Alors oui, J devra peut-être faire que du CSS pendant 6 mois  mais ce n’est pas très grave, le vendredi matin c’est croissants !

Forcément, l’élu sera un fan de Star Wars (c’est le cas de J), de Big Bang Theory) ou encore Game of Throne.

En tant que développeur junior, J sera malléable à loisir.

Un développeur expérimenté

J a bien spécifié sur son CV ses 4 mois d’expériences, qu’il était un vrai développeur junior.  Les recruteurs ou autres chasseurs de têtes espèrent toujours qu’il sortira de son chapeau 2 à 3 ans d’expériences cachés. Parfois même sur des frameworks n’ayant même pas 1 ans d’existence ou sur une liste sans fin de langages.

J devra faire preuve d’une grande autonomie (il devra se démerder) et être au top de la pointe du summum en matière de veille technologique.

Un développeur bon marché

Malgré toutes ses qualités, comme il est tout de même débutant, J devra être bon marché. Il ne faut pas déconner quand même.

Pour une SSII ou ESN comme elles aiment se faire appeler désormais, J devra être rentable. C’est normal me direz-vous. Alors on lui proposera un salaire annuel de 24K. Cela peu paraître très bien pour un développeur junior. Ce que J ne sait pas, c’est qu’ il sera facturé en tant que développeur confirmé jusqu’à près de 600€ par jour.

Dans le meilleur des cas, s’il s’agit d’un recrutement pour un client final, un salaire dans la moyenne lui sera proposé. Un phénomène étrange se produira assez souvent.

Le parcours du combattant

J aura postulé à une offre trouvée sur le net avec pour intitulé : « Développeur junior ». Il sera séduit par la stack que le client propose et par la formation possible en interne.

Il y aura  une première prise de contact téléphonique de 15-20 minutes avec le commercial d’une SSI… ESN.  Il se rendra ensuite  à un entretien physique dans les locaux de l’entreprise pour près d’une heure pour répéter ce qu’il a dit au téléphone.

Si tout va bien, un entretien avec le service RH du client suivra. Ce sera un nouveau rendez-vous interminable construit de la manière suivante :

  • Parlez-moi de vous (votre cv)
  • Pourquoi l ‘informatique ?
  • Vos qualités et défauts
  • Où vous voyez-vous dans 5 ans ?
  • Pourquoi nous ? Pourquoi vous ?

Si le ou la RH valide son profil, il aura un nouveau rendez-vous avec tech lead ou chef de projet du client pour enfin parler programmation.

C’est à ce moment là que J se rendra compte que la SSII l’aura peut-être présenté comme un développeur confirmé en espérant que cela ne se voit pas trop lors de l’entretien. Il en aura la confirmation lorsque une semaine plus tard, le commercial de la ESN le rapellera pour lui anoncer :

« Ils ont malheureusement choisi un profil plus expérimenté mais ne vous en faite pas, votre profil sera très recherché d’ici 6 mois. Après tout, vous êtes un développeur junior. »

La chance du débutant

La situation du développeur junior n’est pas simple. Il est à la recherche d’une entreprise dans laquelle il se sentira bien. Il a soif d’apprendre et d’évoluer et est prêt à bousculer ses habitudes pour réussir. A côté de cela, les ESN ont pour principal intérêt de faire du bénéfice en augmentant au maximum leur marge. Certaines n’hésitent pas à modifier les CV afin de faire passé un développeur junior pour un confirmé. Dans ce cas, c’est souvent le candidat qui est pénalisé lors de l’entretien.

Je connais quelques J. Martin comme Aurélie 

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One thought on “Développeur junior, 3 ans d’expérience pour 24 K, le cas J. Martin.

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